La Toscane par la côte…

L’un de nos membres est allé en Toscane durant l’été 2015 avec F-GDEB. Il nous livre ici ses impressions et la route suivie pour aller de Cannes à Lucca (LIQL).

Mercredi 24 juin 2015 …

Dans l’ombre de Pise et de Florence, Lucca est une charmante ville médiévale qui mérite vraiment le détour tant pour son Histoire que pour les activités proposées. Voici le récit succinct d’une navigation entreprise cet été depuis Cannes pour partir à sa découverte et pour visiter la Toscane.

A la verticale ‘Echo’ du transit maritime de Nice, les contrôleurs français nous quittent en nous demandant de contacter Milano Info sur 128.92. Le problème c’est que nous sommes toujours à 500 ft AMSL et que le relief fait obstacle aux communications. Nous n’avons donc pu entrer en contact avec Milan qu’un quart d’heure après, juste avant Imperia et à 2500 ft AMSL.

Sous plan de vol, Milan nous identifie immédiatement et nous demande de contacter Albenga. Curieusement, il s’agit là de contacter l’AFIS du terrain que nous ne ferons que croiser mais c’est une sage précaution, car Albenga nous donnera l’information de trafic aux alentours. Entrés dans la CTR de Gênes, nous contactons Genova Approche qui nous identifie grâce au plan de vol et nous demande nos intentions : « EB what is your intention ? – EB, want to transit south your airfield via Savona and straight to Portofino – EB, transit is approved, you can from now proceed to Portofino ». On coupe ainsi pour ne pas gêner les axes de Gênes mais tout en restant à proximité de la côte.

Nous recontactons Milano Info en sortie de CTR et nous attaquons ensuite la partie la plus délicate du vol, à savoir le contournement de la Prohibited area P2 qui couvre le port militaire de La Spezia. Cette zone est de surcroit secondée par la Dangerous area D37A dont le survol nous a été refusé par mail. En général, deux possibilités s’offrent au contournement. Un long détour par le sud avec un survol maritime loin des terres, ce qui pour certains n’est pas sans risque en cas de panne moteur, ou un détour par le Nord mais à condition que la météo le permette car il faudra voler au-dessus du relief au niveau 55 minimum.

Marbre de Carrare

Les carrières de Carrare

 Nous optons pour cette 2e solution vu que nous sommes CAVOK et que les vents sont faibles. Milano fait vite de nous rappeler pour connaître nos intentions à l’approche de Papa 2. Cet itinéraire permet d’admirer les célèbres carrières de marbre de Carrare et depuis la cime des montagnes, on a une vue plongeante impressionnante sur la vallée et la baie. A l’approche des carrières, immanquables par leur blanc réfléchissant, on doit descendre très vite dans la vallée pour déboucher sur la marina de Sarzana à 1000 ft AMSL, altitude exigée pour le transit côtier à l’approche de Pise.

 

On contacte PISA Approche à la verticale de Sestri Levante et dès Verragio, nous demandons 2500 ft pour franchir un col à l’intérieur des terres en direction de Lucca. Sitôt Lucca en vue, contact avec l’AFIS de Lucca qui nous propose une longue finale 10 qui consiste à longer l’autoroute par la gauche. La finale est assez délicate car le seuil de piste est masqué par des entrepôts situés 200 mètres avant, droit dans l’axe. Par précaution, nous restons en dessous du plan par crainte d’avoir une trop grande vitesse à l’arrondi. Le retour se fera suivant le même itinéraire qu’à l’aller avec des contrôleurs italiens toujours aussi courtois et qui répondront favorablement à toutesnos demandes, dans la mesure du raisonnable bien sûr. Une particularité cependant en Italie, le contrôle nous sollicite régulièrement pour connaître notre position malgré l’identification radar et nous communique fréquemment le QNH pendant nos échanges ce qui est un bien en soit. Autre spécificité propre à l’Italie, la règle semi-circulaire est orientée Nord-Sud (cap pair au nord et impair au Sud). Longue Finale LIQL

En longue finale vers LIQL

 

A l’aller, nous conseillons de faire un refueling à Cannes de manière à ne pas être trop pénalisé par le prix de l’Avgas en Italie (2,50 € / litre à Lucca, service et taxes compris). Pour ce qui est du parking, le tarif était de 36€ pour trois nuits, ce qui est raisonnable. Dans la phase de préparation des vols en Italie, nous conseillons également de consulter longtemps à l’avance les NOTAMs car y figurent des informations récurrentes ne figurant pas sur les AIP, tel le jour de fermeture hebdomadaire de LIQL.

Quant aux plans de vol, l’aller a été enregistré sur le site Olivia et le retour transmis par fax au Military ARO de Pise (équivalent du BRIA), bien que tout comme Olivia, le site de l’ENAV, à ne pas confondre avec l’ENAC (équivalent du DGAC), permette la saisie via internet. Dans les deux cas, nos plans de vol ont bien été communiqués à tous les organismes de contrôle que nous avons croisé sur notre route. Contrairement à la règlementation française qui impose un délai maximum de 24 heures pour déposer un plan de vol, en Italie, un FPL peut être déposé au plus tôt 120 heures à l’avance. Dans ce cas, ne pas omettre au-delà de 24h de préciser la date de départ via le code DOF/ en ligne 18.

Bons vols à tous !